À quoi sert un indice
Suivre quatre-vingts valeurs une par une ne donne aucune vue d'ensemble. Un indice agrège leurs cours en une seule série, ce qui permet de répondre à des questions que les cotations individuelles ne traitent pas : le marché monte-t-il ou est-ce cette valeur en particulier ? Un titre en hausse de 2 % un jour où le marché prend 2,5 % a en réalité sous-performé.
Un indice sert aussi de référence pour mesurer le risque. Comparer les mouvements d'une valeur à ceux de l'indice donne son bêta — à quel point elle amplifie ou amortit les mouvements du marché. Sans indice, cette mesure n'aurait aucun point d'appui.
MASI et MSI20
Le MASI est l'indice large de la place : il a vocation à représenter l'ensemble du marché. Le MSI20 retient un nombre restreint de valeurs parmi les plus traitées. Le premier dit ce que fait le marché, le second ce que font ses plus grosses capitalisations.
Les deux sont pondérés par la capitalisation : une société qui pèse lourd en Bourse pèse lourd dans l'indice. C'est le choix standard — un indice doit refléter la valeur réellement investie — mais il a une conséquence qu'il faut avoir en tête. Quand quelques grandes capitalisations dominent une cote, l'indice les suit de très près, et il peut monter alors que la majorité des valeurs baisse. Un indice large n'est pas une moyenne des entreprises, c'est une moyenne des capitaux.
C'est aussi ce qui explique que le bêta des plus grosses valeurs de la place soit proche de 1 : elles ne sont pas corrélées au marché par hasard, elles en constituent une part importante.
Les indices sectoriels de ce site
Les courbes sectorielles affichées ici ne sont pas publiées par la Bourse : elles sont calculées à partir des clôtures quotidiennes des valeurs de chaque secteur, et elles sont équipondérées. Chaque séance, on prend le rendement moyen des valeurs du secteur qui ont deux clôtures consécutives, et on enchaîne ces rendements depuis une base de 100.
Équipondéré veut dire que chaque société compte autant, quelle que soit sa taille. Ce n'est ni mieux ni moins bien qu'une pondération par capitalisation : c'est une question différente. Un indice pondéré répond à « combien a gagné l'argent investi dans ce secteur » ; un indice équipondéré répond à « comment s'est comportée l'entreprise typique de ce secteur ». Sur un secteur dominé par un émetteur, les deux peuvent diverger nettement.
Ce choix est indiqué sous chaque tableau sectoriel, et il a une raison pratique : il donne une voix aux sociétés moyennes d'un secteur, que l'indice pondéré rendrait inaudibles.
Lire une performance relative
Sur les graphiques sectoriels du site, le secteur et le MASI sont ramenés tous les deux à 0 % au début de la période affichée. C'est ce qui permet de les lire l'un contre l'autre : ce qui compte n'est pas le niveau de l'indice, qui dépend d'une base arbitraire, mais l'écart entre les deux courbes.
Il faut rester attentif à la période choisie. Un secteur peut surperformer sur un mois et sous-performer sur un an ; changer la fenêtre change la conclusion, et c'est pour cette raison que plusieurs périodes sont proposées plutôt qu'une seule.