Ce que mesure le bêta
Le bêta rapporte les mouvements d'une valeur à ceux du marché. Un bêta de 1 signifie qu'en moyenne, la valeur suit le marché à l'identique. Au-dessus de 1, elle amplifie : le marché gagne 1 %, elle tend à gagner davantage — et à perdre davantage dans l'autre sens. En dessous de 1, elle amortit.
Un bêta négatif signifierait une valeur qui monte quand le marché baisse. C'est très rare sur un marché actions et cela mérite d'être vérifié plutôt que cru sur parole : c'est souvent le signe d'un historique trop court ou trop irrégulier.
Le bêta n'est pas une mesure de qualité. Un bêta élevé ne veut pas dire mauvaise société, un bêta faible ne veut pas dire placement sûr : il décrit une exposition au marché, pas un risque propre à l'entreprise. Une société peut avoir un bêta faible et un risque opérationnel considérable.
Pourquoi il est calculé sur des rendements mensuels
Sur ce site, le bêta est calculé sur des rendements mensuels contre le MASI, sur cinq ans. Ce choix n'est pas cosmétique et il mérite d'être expliqué, parce qu'il change le résultat.
Une série quotidienne serait le choix habituel sur un grand marché. Ici, elle serait trompeuse : une partie importante de la cote ne traite pas tous les jours, et une séance sans transaction produit un rendement de 0 % qui n'est pas un cours resté stable mais un cours qui n'a pas été fait. Moyennés sur des centaines de séances, ces faux zéros tirent le bêta de toutes les valeurs peu liquides vers zéro, et leur donnent l'apparence de titres faiblement exposés au marché. Un mois est une période assez longue pour qu'une valeur même peu traitée y ait imprimé un prix.
Seuls les mois où la valeur et l'indice ont tous deux coté sont appariés, et chacun n'est comparé qu'au mois immédiatement précédent. Une valeur suspendue un trimestre verrait sinon son mouvement de trois mois lu comme un mouvement d'un mois — ce qui ne serait pas un bêta plus élevé, mais une mesure différente.
Quand le bêta est absent
En dessous de trente-six mois appariés, aucun bêta n'est affiché. Ce n'est pas une prudence excessive : une valeur récemment introduite se verrait sinon attribuer un bêta proche de zéro, et serait classée comme la moins exposée au marché dans lequel elle a à peine traité. Une absence est plus juste qu'un chiffre faux.
Zéro est une valeur légitime de bêta, pas une valeur par défaut. C'est pour cette raison que l'absence est rendue par l'absence de la ligne, et non par un tiret ou par 0,0 — un lecteur ne pourrait pas distinguer les deux.
Un contrôle de cohérence simple : les plus grosses capitalisations de la place constituent une part importante du MASI, leur bêta doit donc se situer autour de 1. S'il s'en écarte fortement, c'est la mesure qu'il faut suspecter avant la valeur.
La corrélation, et ce que 0,0 veut dire ici
La corrélation mesure si deux valeurs évoluent dans le même sens, sur une échelle de −1 à +1. Proche de +1, elles montent et baissent ensemble ; proche de 0, leurs mouvements n'ont pas de rapport ; négative, elles vont en sens inverse.
C'est l'outil de la diversification. Détenir cinq valeurs fortement corrélées entre elles revient, du point de vue du risque, à en détenir presque une seule : elles baisseront ensemble le jour où le marché baissera. Deux valeurs faiblement corrélées amortissent davantage.
Une précision importante sur la matrice de corrélations de ce site : une paire qui partage moins de dix séances communes renvoie exactement 0,0, et cette valeur signifie « non mesurée », pas « indépendante ». C'est pourquoi les zéros exacts sont exclus des classements de diversification — intégrés dans une moyenne, ils placeraient la valeur la moins traitée en tête du classement, sur une absence de données.
Dernier point : le bêta et la corrélation ne se substituent pas l'un à l'autre. Une valeur peut être fortement corrélée au marché tout en bougeant deux fois moins fort. La corrélation dit si les mouvements vont dans le même sens, le bêta de combien.