Ce qu'un indicateur technique est, et n'est pas
Un indicateur technique est une transformation mathématique de la série des cours. Il ne lit ni les comptes, ni les communiqués, ni le carnet d'ordres : tout ce qu'il produit était déjà dans les prix passés, sous une forme moins lisible.
Cela fixe ce que l'on peut en attendre. Ils sont utiles pour objectiver une lecture — « le titre a beaucoup monté » devient un chiffre comparable d'une valeur à l'autre — et pour déclencher une surveillance. Ils ne prédisent rien, et aucun ne fonctionne mécaniquement.
Une limite propre à une cote comme celle de Casablanca mérite d'être soulignée : tous ces calculs supposent une série de clôtures régulière. Sur une valeur qui ne cote pas tous les jours, la série contient des trous, et l'indicateur les traite comme des séances ordinaires. Plus une valeur est peu traitée, moins ses indicateurs techniques sont fiables.
Le RSI
Le RSI compare l'ampleur des hausses récentes à celle des baisses récentes et la ramène sur une échelle de 0 à 100. Il répond à une question d'intensité : le mouvement en cours est-il, relativement à l'historique proche, grand ou ordinaire ?
Les deux seuils conventionnels sont 70 et 30. Au-dessus de 70, le titre est dit suracheté ; en dessous de 30, survendu. Ces mots sont trompeurs : ils ne disent pas que le titre est cher ou bon marché, seulement que la hausse ou la baisse a été rapide par rapport à son propre passé.
L'erreur classique est d'y lire un signal de retournement automatique. Sur une tendance forte, le RSI peut rester au-dessus de 70 pendant des semaines pendant que le titre continue de monter : vendre au premier franchissement revient à sortir au début du mouvement. Il se lit comme une alerte d'attention, pas comme une instruction.
La version utilisée ici est le calcul de Wilder, le lissage d'origine, qui donne des valeurs un peu moins nerveuses qu'une moyenne simple.
Les moyennes mobiles
Une moyenne mobile est la moyenne des clôtures sur un nombre donné de séances, recalculée à chaque séance. Elle lisse le bruit quotidien pour laisser apparaître la direction de fond. Trois horizons sont suivis ici : vingt séances pour le court terme, cinquante pour le moyen, deux cents pour le long.
La position du cours par rapport à sa moyenne est la lecture la plus simple : au-dessus, la tendance sur cet horizon est haussière ; en dessous, baissière. Plus l'horizon est long, plus le signal est lent et moins il produit de faux mouvements.
Les croisements entre moyennes sont suivis de près par les intervenants. Quand la moyenne à cinquante séances passe au-dessus de celle à deux cents, on parle de croisement haussier ; dans l'autre sens, de croisement baissier. Il faut garder en tête qu'une moyenne est par construction en retard : elle décrit un mouvement qui a déjà eu lieu. Son intérêt n'est pas l'anticipation mais la discipline — elle donne un critère stable, indépendant de l'impression du moment.
Le MACD
Le MACD est l'écart entre deux moyennes exponentielles, l'une courte et l'autre longue, auquel on ajoute une ligne de signal qui est elle-même une moyenne de cet écart. Les paramètres usuels sont douze, vingt-six et neuf séances.
Deux lectures en découlent. Le passage du MACD au-dessus ou en dessous de zéro indique que la moyenne courte a croisé la longue — c'est un changement de tendance au sens des moyennes mobiles. Le croisement du MACD avec sa ligne de signal est plus précoce : il indique que l'écart entre les deux moyennes s'accélère.
Le MACD souffre du même défaut que toute méthode fondée sur des moyennes : il produit beaucoup de faux signaux quand le cours évolue sans direction, et il est en retard quand une tendance s'installe. Il est plus utile combiné à une lecture du volume que pris isolément.
Comment s'en servir ici
Ces indicateurs servent surtout à ne pas avoir à surveiller un écran. Plutôt que de consulter un RSI tous les jours, on fixe un seuil et on se fait prévenir quand il est franchi : c'est exactement ce que font les alertes RSI, moyennes mobiles et MACD de ce site.
Il faut résister à l'empilement. Dix indicateurs calculés sur la même série de cours donnent dix vues d'une seule information, et finissent toujours par se contredire. Deux lectures complémentaires — une d'intensité, une de tendance — avec le volume pour valider, suffisent dans la très grande majorité des cas.